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La Vie parisienne

Compositeur: Offenbach Jacques

Partition vocale

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Four-Act version (1873). Act IV PDF 5MbFour-Act version (1873). Color Cover PDF 0Mb
vocal soloists, mixed chorus, orchestra
Wikipedia
La Vie parisienne est un opéra bouffe de Jacques Offenbach, livret de Henri Meilhac et Ludovic Halévy, créé au théâtre du Palais-Royal le 31 octobre 1866 en cinq actes, puis en quatre actes le 25 septembre 1873 au théâtre des Variétés.
Cette œuvre comprend plusieurs personnages, inspirés des nuits parisiennes de l'époque, qui vont réapparaître dans la pièce de 1866, ayant été auparavant évoqués dans trois œuvres :
En 1862, Henri Meilhac et Ludovic Halévy présentent au théâtre du Vaudeville La clé de Métella, une comédie en un acte qui met en scène un dénommé Gontran aperçu par son amante dans la loge de Métella, une demi-mondaine.
L’année suivante, en 1863, les mêmes présentent au théâtre du Palais Royal Le Brésilien, une comédie en un acte. Pour cette œuvre, Jacques Offenbach compose un duo entre un dénommé Greluche – interprété par Jules Brasseur, créateur du Brésilien dans La Vie Parisienne – comédien se faisant passer pour un Brésilien et un dénommé Blancpartout – interprété par Gil-Pérès, créateur de Bobinet.
En 1864, Meilhac et Halévy présentent, dans ce même théâtre, Le Photographe une comédie-vaudeville en un acte. L’action se déroule chez Raoul de Gardefeu – interprété par Gil-Pérès, créateur de Bobinet – qui joue le rôle d’un photographe pour courtiser la baronne de Gourdakirsch alors que son époux, le colonel baron de Gourdakirsch – interprété par Lassouche, créateur de Urbain – a jeté son dévolu sur Métella, elle-même amante de Raoul de Gardefeu.
En novembre 1865, les deux premiers actes du livret de La Vie Parisienne sont présentés aux directeurs du théâtre du Palais-Royal. Ludovic Halévy note alors : « le lendemain nous recevions force félicitations et force invitations d’achever rapidement la pièce. Les troisième et quatrième actes se feront rapidement (…) mais nous n’avons aucune idée du cinquième. »
Le 4 février 1866, Le Ménestrel dévoile que Jacques Offenbach prépare, pour l’automne, en collaboration avec Henri Meilhac et Ludovic Halévy, La Vie Parisienne pour le théâtre du Palais-Royal. Cette œuvre, présentée sur une scène habituée au vaudeville, qui est à l’époque une « pièce entremêlée de couplets », exige malgré tout une augmentation de « l’orchestre et des chœurs du Palais-Royal ». Les rôles principaux, à l’exception de celui de Zulma Bouffar, sont confiés à la troupe de ce théâtre.
Alors que la presse rapporte que « les morceaux [seront] moins longuement traités ; mais [qu’]ils [seront] en plus grand nombre », le compositeur ne se ménage pas « pour arriver, par gradation, à un grand effet » pour le finale de chaque acte. Il écrit à ses librettistes le 22 juillet 1866 : « Je ne puis faire le finale [de l’acte III] que si vous me le mettez debout. Après l’ensemble, donc, et avant la 1 chanson à boire, il me faut des détails entre les artistes, comme : “Quel vin voulez-vous ?”, ou “Quel vin buvez-vous ?”[.] Tout le monde veut servir le baron. Pauline veut lui adresser des tendresses, etc., etc. Puis la chanson. Après le chœur, il me faut également des bredouillis pour arriver à la griserie. On peut boire à la santé de tout le monde, tout en versant au baron toujours et sans cesse. »
Le livret est lu aux artistes le 17 août 1866 et la musique le lendemain. Le travail commence dès le 20 août et les répétitions du premier acte le 3 septembre.
Le livret est déposé à la Commission de Censure le 29 août 1866. Elle demande, entre autres, la suppression de nombreuses phrases trop suggestives, un changement de nationalité pour le baron et la baronne de Grondremarck, qui de danois deviennent suédois, et la suppression d’un trio à l’acte III caricaturant le monde politique et militaire.
Les répétitions de l’acte V débutent le 26 septembre. L’orchestre commence à répéter dès le 5 octobre.
Le 12 octobre, les librettistes décident de refaire les actes IV et V. Ils « ne nous ont pas donné au théâtre ce que nous en attendions. Il faut les refaire et nous les refaisons. » note Ludovic Halévy dans ses carnets.
La presse s’inquiète du résultat : « Le maestrino est fort occupé à transformer Hyacinthe, Gil-Pérez, Priston, Lassouche et M Thierret, en chanteurs virtuoses. ». Les répétitions sont difficiles, Ludovic Halévy note le 20 octobre 1866 : « Les répétitions de la Vie parisienne me rendent à peu près fou ». Il expliquera après la première : « Les acteurs (…) avaient condamnée » la pièce et s’exclamaient : « À quoi bon apprendre les deux derniers actes, il faudra baisser la toile au milieu du troisième acte, etc. ».
Seul Jacques Offenbach semble certain du succès, il écrit la veille de la première, à Hortense Schneider : « J'espère que tu useras plus d'une paire de gants en applaudissant les choses adorables que j'ai faites dans la Vie Parisienne. »
La première a lieu le 31 octobre 1866. Le Ménestrel est conquis : « MM. Ludovic Halévy, Henri Meilhac et Offenbach ont brillamment gagné la première bataille de leur campagne de 1867 ». Les spectateurs ont prouvé « par des bravos et des éclats de rire, que cette parodie de “la vie parisienne” ne pouvait mieux finir » rapporte Le Figaro. Le régisseur du théâtre conclut sa journée en notant sur le Journal de bord ces quelques mots : « La Vie parisienne a obtenu un grand succès. ».
La musique est applaudie : « Multiplier les mélodies de courte dimension, les couler dans des rythmes saisissants dont la popularité s’empare, se prodiguer sans s’épuiser, voilà l’art d’Offenbach » ; « il y a là trois quadrilles et une douzaine de valses, polkas, mazurkas tout prêts pour le bal de l’Opéra : on va danser dessus tout l’hiver. ». « La partition est certainement l’une des meilleures d’Offenbach » note Ludovic Halévy.
La partition de La Vie Parisienne, éditée par Heu, paraît fin novembre 1866, elle est dédiée « À Monsieur Marcelin », le créateur de l’hebdomadaire éponyme fondé en 1863 et dont Henri Meilhac et Ludovic Halévy sont, entre autres, les collaborateurs.
Le livret est remarqué pour sa modernité : il « est fait par des jeunes gens dont l’esprit et la gaieté sont à la mode du dernier jour ». C’est « une satire très fine, et, disons-le, dans la plus flagrante actualité ; elle va au but qu’elle veut atteindre avec beaucoup de sens, beaucoup d’esprit, beaucoup d’à-propos. » Seul l'acte IV n’est pas apprécié : « c’est un vase d’eau glacée qui (…) rejaillit sur les rieurs de la salle » note Le Figaro.
Une « légende tenace (…) veut que La Vie Parisienne ait été écrite uniquement pour des “acteurs à voix”, ce qui est manifestement exagéré ». Avec La Vie parisienne, Jacques Offenbach présente un ouvrage lyrique dans un théâtre consacré au vaudeville – c'est-à-dire à la comédie entrecoupée de passages chantés. Si les interprètes, à l'exception de Zulma Bouffar que Jacques Offenbach a réussi à faire engager par les directeurs du théâtre du Palais-Royal, « étaient avant tout des comédiens, ces derniers connaissaient parfaitement l'art du couplet et devait faire preuve de qualités vocales certaines. ».
Zulma Bouffar qui joue le rôle de Gabrielle « n’a pas moins d’aisance dans son jeu que dans son chant », elle « est la prima-dona de cette musique endiablée ». Le soir de la première « on lui a redemandé tous ses morceaux, mais elle n’a consenti à répéter qu’une tyrolienne qu’elle chante adorablement. »
L’ensemble de la troupe est saluée pour sa prestation et tout particulièrement « Brasseur, passé maître en imitations, [qui] fait un Brésilien, un bottier, un major de table d’hôte et un diplomate bègue : quatre rôles, quatre faciès à mourir de rire ».
Quelques représentations après la première, Jacques Offenbach ajoute à l’acte III le couplet « C’est ainsi, moi, que je voudrais mourir » pour Urbain. Malgré le vif succès, il le retira rapidement.
D’après Jean-Christophe Keck, musicologue, l’œuvre est « rapidement remaniée en quatre actes » pour atténuer certaines longueurs. L’acte IV est même abandonné, le Triolet de Gardefeu [n 4] est supprimé, des coupes sont effectuées dans l’air du Brésilien au Finale de l’acte I [n 6], dans le Duo de Gabrielle et Frick à l’acte II [n 7], dans le Finale de l’acte II [n 11], dans le Duo de Pauline et du baron [n 14], dans l’ensemble [n 16], dans le Finale de l’acte III [n 17], dans l’entracte de l’acte V, dans le Chœur et les couplets [n 21] et dans les Couplets et l'ensemble [n 23].
La presse de l’époque ne semble pas faire écho de ces modifications et on n'en connaît donc pas les dates
Mi-décembre, les recettes du théâtre se maintiennent toujours autour de 4 200 francs de recette par soir : « les recettes dépassent chaque soir quatre mille francs et il y a dix ou douze salles louées d’avance » s’étonne Ludovic Halévy.
Le prince de Galles qui passe une journée début décembre 1866 à Paris n’hésite pas à aller entendre La Vie Parisienne.
Napoléon III et son épouse assistent à la 58 représentation le 28 décembre 1866.
Début 1867, Jules Brasseur est remplacé par Jean Berthelier qui obtient un grand succès lui aussi dans le rôle. Plus tard, « Hyancinthe, Zulma Bouffar, M Thierret et M Honorine se font parfois remplacer pour des périodes plus ou moins longues tandis que [Jules] Brasseur est de retour le 2 juillet. ».
La 100 a lieu le 8 février 1867. Jacques Offenbach, Ludovic Halévy et Henri Meilhac invitent les troupes des théâtres du Palais-Royal, des Variétés et des Bouffes-Parisiens à dîner au restaurant Peter’s le jeudi 21 février 1867.
L’Exposition universelle ouvre le 1 avril 1867 sur le Champ-de-Mars. Quelques années plus tard, le journaliste de L'Univers illustré se souviendra des visiteurs : « On eût dit que les phalanges d’étrangers, débarqués des quatre points cardinaux, obéissaient à une même consigne. La Vie parisienne et la Grande-Duchesse, la Grande-Duchesse et la Vie parisienne, telles étaient leurs premières préoccupations, et ils n’étaient tranquilles qu’après s’être assuré des places pour ces deux pièces en vogue. » : « L’Europe entière était éblouie par la vision rutilante de la Vie Parisienne. ».
La 200 est fêtée le 19 mai 1867. Le 22 mai, Eugène Labiche, dont la pièce doit remplacer la Vie Parisienne depuis longtemps, s’impatiente : « Rien de nouveau au Palais-Royal. On annonce, tous les jours, les dernières de La Vie parisienne, et (…) on fait invariablement plus de 3 000 francs. »
Le Tsar assiste avec ses deux fils à la 217 représentation le 5 juin 1867.
La Vie Parisienne quitte la scène du Palais-Royal le 24 juillet 1867 après 265 représentations. Elle est reprise le 9 mars 1868 et atteint 293 représentations le 5 avril 1868, puis du 2 au 31 octobre 1869 pour atteindre 323 représentations.
Elle est montée dans plusieurs villes de province, comme Marseille, Rouen, Lille, Lyon, Nantes.
La Vie Parisienne est créée à Bruxelles le 30 janvier 1867 dans une version en 4 actes. Dans cette version, l'acte IV est composé du Rondeau [n 18], des Couplets [n 19], et de la Reprise de l’ensemble [n 19 bis] précédés des numéros 21, 22, 22 bis et 23 et suivis par les numéros 24 et 25.
La Vie Parisienne est donné à Vienne le 31 janvier 1867 dans une version en 4 actes et 5 tableaux. Pour cette version le Triolet de l’acte I [n 4] est supprimé. L’acte IV comporte deux tableaux : un premier tableau avec le Rondeau [n 18] et le Final [n 20] seulement et un deuxième qui reprend les numéros de l’acte V de la version parisienne. Comme à son habitude pour les créations viennoises, Jacques Offenbach enrichit l’orchestration : il ajoute « deux trombones (…), deux cors (…), un second hautbois, un second basson et une partie de percussions supplémentaires ». Il se déplace à Vienne pour cette création, mais malade, il ne peut pas conduire la première représentation. Dans une dépêche télégraphique, le directeur du Carltheater écrit : « Succès sans précédent. Plusieurs rappels à chaque acte. Final troisième furore. Chanson à boire trois fois. ».
La Vie Parisienne est créée à Berlin en juillet 1867 où elle reste à l’affiche plus de 200 représentations.
Elle est donnée à Alger le 17 mars 1868, à New-York le 29 mars 1869.
En mars 1872, le théâtre du Palais-Royal cède ses droits sur La Vie Parisienne au théâtre des Variétés ; Hortense Schneider est d’ailleurs pressentie pour reprendre le rôle de la baronne de Gondremarck. Offenbach compose pour elle l’air de Métella [n 2]. Mais malgré son insistance et celle de Ludovic Halévy qui lui écrit : « Tu jouerais Métella, les deux rondos… Tu ferais, je crois, un effet du diable avec la lettre, et tu gagnerais ton argent en ayant beaucoup de succès et peu de fatigue », la diva ne se joint pas au projet.
La Vie Parisienne est effectivement reprise le 25 septembre 1873 au théâtre des Variétés. Seule Zulma Bouffar, et dans une moindre mesure Jean Berthelier, reprennent leurs rôles.
Pour cette reprise, l’acte IV « a été coupé ; le rôle de M de Quimperkaradec (…) a disparu ; un morceau inédit [n 2] a été ajouté par l’inépuisable et célèbre maestro Offenbach ». Il réorchestre le triolet de Gardefeu [n 4] – qu’il avait supprimé et qu'il supprime de nouveau – ainsi que l’air de Métella de l’acte V [n 22]. Il ajoute dans le final de l’acte III un air pour le baron de Gondremarck « Ohé, l’amiral, ta fête est charmante ».
Jacques Offenbach transpose le couplet du Baron [n 8] pour s’adapter à la tessiture de son interprète José Dupuis.
Le souvenir cuisant de la Guerre franco-allemande de 1870 oblige les librettistes à supprimer les références germaniques : dans le Finale de l'acte II [n 11], les bottiers et gantières ne sont plus des Allemands et Gabrielle chante désormais sa tyrolienne en français.
Si l’œuvre est saluée pour son succès légitime et grâce auquel les acteurs « ont entraîné le public dans la sarabande de gaieté échevelée qui traverse les quatre actes de la pièce », elle a malgré tout l’amertume d’une époque révolue : « Peut-être n’était-il pas urgent de la reprendre ? » s’interroge Le Temps.
Comme à la création, « c’est Mlle Zulma Bouffar qui, à elle seule, a soutenu la pièce, et en a rappelé les beaux jours. ». Les artistes sont très comparés avec leurs prédécesseurs, et beaucoup sont regrettés à l’exemple de « Mlle Devéria [qui] a même été chahutée dans ce célèbre rondeau de la lettre de Métella que chantait si spirituellement Mlle Honorine. ».
Malgré cela, Le Ménestrel prévoit une « reprise (…) fructueuse », Le Temps parie sur une « cent cinquantième représentation » et L'Univers Illustré parle d'un « large regain de vogue ».
L’histoire se passe à Paris, au milieu du XIX siècle.
[Version de 1866. La gare du chemin de fer de l’Ouest rive gauche.]
[Version de 1873. La salle d’attente de la gare du chemin de fer de l’Ouest rive droite.]
Raoul de Gardefeu et Bobinet, deux rivaux, attendent séparément leur maîtresse Métella. Elle arrive au bras de son nouvel amant Gontran. Les deux hommes, que « la trahison de Blanche Taupier […] sépara », se réconcilient et décident d’aller vers « les femmes du monde » qui « se plaignent d’être délaissées par les jeunes gens à la mode… ».
Tandis que Bobinet part à la conquête du cœur de la comtesse Diane de la Roche-Trompette, Raoul de Gardefeu rencontre Joseph, son ancien domestique, désormais « guide… cicerone… attaché au Grand-Hôtel… ». Joseph attend « un baron suédois accompagné de sa femme » qui vient découvrir « les beautés de la capitale ». Raoul de Gardefeu a l’idée de se substituer à Joseph pour pouvoir faire la cour à cette « femme du monde » : il accueille donc le baron et la baronne de Gondremarck et leur promet de leur faire visiter « la ville splendide ».
[Version de 1866. Raoul de Gardefeu avait reçu de Joseph une lettre à l’attention de la baronne de Gondremarck. Il la lui confie : il s’agit d’une invitation de madame de Folle-Verdure qui les invite à dîner, deux jours plus tard, chez sa tante madame de Quimper-Karadec.]
Une nouvelle fournée de voyageurs descend d’un train et envahit la gare. Parmi eux, un Brésilien qui revient à Paris en s’exclamant : « Et je viens pour que tu me voles / Tout ce que là-bas j’ai volé ! ».
Un salon chez Gardefeu.
Alors qu’Alphonse, le domestique de Raoul de Gardefeu, attend son maître, Frick, le bottier, demande en mariage Gabrielle, la gantière, qu’il vient de rencontrer dans l’escalier.
Raoul de Gardefeu explique aux Suédois que le « Grand-Hôtel étant plein, l’administration a dû acheter une foule de petits hôtels pour y loger les voyageurs. » Le baron confie à Raoul de Gardefeu une lettre de recommandation à porter à Métella. À la demande du baron qui ne souhaite pas « dîner en tête-à-tête avec la baronne », Raoul de Gardefeu accepte d’organiser une table d’hôte.
Il propose à Frick et à Gabrielle de venir dîner avec leurs amis en leur suggérant de prendre les noms de leurs clients et clientes !
Bobinet propose à Raoul de Gardefeu qui cherche à éloigner le baron de Gondremarck, d’organiser chez sa tante, le lendemain, « une fête de nuit dans l’hôtel de Quimper-Karadec en l’honneur [du] Suédois ».
Raoul de Gardefeu confie à Métella, venue lui « donner une explication », la lettre de recommandation du baron de Gondremarck.
Des bottiers et des gantières envahissent le salon de Raoul de Gardefeu. Gabrielle prend le rôle de madame de Sainte-Amaranthe, veuve d’un colonel, et Frick celui d’Édouard, le major de la table d’hôte. Le baron de Gondremarck remarque que les convives « ne sont pas distingués », [Version de 1866. En effet, leur français est mêlé d’allemand], mais que peut-il attendre de mieux en payant seulement cent sous son séjour ?
Le grand salon de l’hôtel de Quimper-Karadec.
Sous la direction de Bobinet, tous les domestiques s’activent pour recevoir le baron. Celui-ci fait connaissance avec Urbain, le général Malaga de Porto-Rico, avec Prosper, le prince Adhémar de Manchabal, et enfin avec Pauline, madame l’amirale. Le baron est séduit par cette Parisienne « coquettes, dépensières… toquées… ». Les autres invités, c’est-à-dire les nièces du concierge, font leur entrée : madame la vicomtesse de la Pépinière, madame la baronne de la Haute-Venue, madame la marquise de la Farandole, et enfin, l’amiral, Bobinet, qui a « fini par entrer dans [son] uniforme ». Les invités renvoient les domestiques absents car « quand il y a des domestiques, on est obligé de se tenir… » et font boire le baron de Gondremarck pour le retenir.
Un salon chez Gardefeu.
La baronne de Gondremarck revient des Italiens. Raoul de Gardefeu a pris soin d’éloigner son domestique et la femme de chambre de la baronne. Mais on frappe à la porte, c’est mesdames de Folle-Verdure et de Quimper-Karadec, qui sont revenus « de la campagne quelques jours plus tôt », et insistent pour voir la baronne de Gondremarck. Cette dernière a reçu quelques minutes plus tôt une lettre de Métella l’avertissant « que cet homme qu[’elle a] trouvé à la gare, et qui s’est fait passer pour un guide, n’est autre que le brillant vicomte Raoul de Gardefeu ! ». Raoul de Gardefeu, qui est allé trouver deux chambres au Grand-Hôtel, renvoie les nouvelles venues. Il se retrouve seul avec madame de Quimper-Karadec qui a échangé sa place avec la baronne ! D’abord glacé par cette surprise, il reprend contenance. Alors que madame de Quimper-Karadec s’arme de pincettes, Bobinet et le baron de Gondremarck, expulsé par la police de l’hôtel de Quimper-Karadec, arrivent à propos.
Un salon dans un restaurant.
[Version de 1866. Urbain, qui a été renvoyé par madame de Quimper-Karadec, et qui est désormais maître d’hôtel, donne quelques instructions à ses garçons de café avant la fête donné par un Brésilien.]
[Version de 1873. Le maître d’hôtel donne quelques instructions à ses garçons de café avant la fête donné par un Brésilien.]
Le baron de Gondremarck courtise Métella sans succès.
[Version de 1866. Elle lui présente trois femmes masquées, sa propre épouse et mesdames de Quimper-Karadec et de Folle-Verdure.]
[Version de 1873. Elle lui présente une femme masquée, sa propre épouse.]
En effet elle vient de se souvenir du nom du « jeune homme » qu’elle a « aimé à la folie » : il s’agit de Raoul de Gardefeu qu’elle va rejoindre.
Vexé, le baron de Gondremarck provoque en duel Raoul de Gardefeu. Bobinet, le témoin de Raoul de Gardefeu, le défend : « mon ami vous trouve à la gare… Il se dit ! voilà un malheureux étranger qui va être berné, volé, pillé… Il vous emmène chez lui, il vous loge, il vous héberge… il vous fait faire ma connaissance !… et vous vous plaignez ? ». Le baron acquiesce et s’excuse : « Je n’avais pas considéré la question à ce point de vue. ». Il demande pardon à son épouse.
[Version de 1873. Raoul de Gardefeu comprend que Métella l’aime… et Bobinet décide lui aussi de se remettre à l’aimer. Métella s’enthousiasme : « Excellente, cette idée-là ! »]
Le Brésilien s’écrie : « Eh bien ! puisque tout est arrangé, allons souper. Du bruit du champagne pendant toute la nuit, buvons et chantons. ».
La Vie parisienne a fait l'objet de nombreuses versions du vivant d'Offenbach. On peut citer la création en 5 actes à Paris le 31 octobre 1866, la création bruxelloise en 4 actes le 30 janvier 1867, la création viennoise en 4 actes et 5 tableaux le 31 janvier 1867 et la deuxième création parisienne en 4 actes le 25 septembre 1873. Dans son édition critique, Jean-Christophe Keck note « Les découvertes faites tout au long de nos travaux prouvent que, pour ce compositeur, une partition est loin de demeurer lettre morte, figée une fois pour toutes, puisqu'il y apporte des modifications de manière incessante. Lui seul est d'ailleurs habilité à le faire. ».
Le tableau ci-dessous, établi d'après l’édition critique Offenbach Edition Keck éditée par Boosey & Hawkes, résume les différences principales entre les deux versions parisiennes. Pour plus de détails, se référer à l'édition qui comporte aussi la version bruxelloise.
Légende :
Costume du Baron de Gondremarck par Draner (1866)
Costume de Bobinet à l'acte III par Draner (1866)
Costume du Général Malaga de Porto-Rico par Draner (1866)
Costume du Major par Draner (1866)
Costume du Prince Adhémar de Manchabal par Draner (1866)
Costume du Brésilien par Draner (1866)
Costume du Brésilien par Draner (1866)
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Parmi les reprises parisiennes, il y a eu notamment :