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Otello

Compositeur: Verdi Giuseppe

Partition vocale

"Otello" PDF 7Mb "Otello" PDF 8Mb
Aria: Ave Maria. Color Cover PDF 2MbAria: Ave Maria. PDF 0MbAria: Ave Maria. PDF 0MbComplete (1887 version). Act III, sc.2 : Duo PDF 0MbComplete (1887 version). Act IV : Chanson du saule PDF 0Mb
Una vela una vela (Montano, Cassio, Iago, Roderigo)Esultate l'orgoglio musulmano (Otello)Roderigo ebben che pensi (Iago)Su via fa senno (Iago)Fuoco di gioiaRoderigo beviam (Iago, Cassio)Innaffia l'ugola trinca tracanna (Iago, Cassio, Roderigo)Capitano v'attende la fazione (Cassio, Iago, Roderigo, Montano)Abbaso le spade (Otello, Iago)Ola che avvien (Otello, Iago)Gia nella notte densa (Otello, Desdemona)Quando narravi l'esule tua vita (Desdemona, Otello)Venga la morte (Desdemona, Otello)Un bacio un bacio ancora (Otello, Desdemona)Non ti cruciar (Iago, Cassio)Vanne la tua meta gia vedo (Iago)Credo in un Dio crudel (Iago)Eccola Cassio a te (Iago)Cio m'accora (Otello, Iago)Un tal proposto (Iago)Dove guardi splendonoSplende il cielo (Desdemona, Otello, Iago)D'un uom che geme (Desdemona, Otello)Se inconscia contro te sposo (Desdemona, Otello)La tua fanciulla io sono (Desdemona, Otello)Chio ti lenisca il duol (Desdemona, Emilia, Otello, Iago)Quel vel mi porgi (Iago, Emilia)Desdemona rea (Otello, Iago)Tu indietro fuggi (Otello)Ora e per sempre addio sante memorie (Otello)Pace signor sciagurato (Iago, Otello)Era la notte Cassio dormiva (Iago)Oh! mostruosa colpa (Otello, Iago)Si per ciel marmoreo giuro (Otello, Iago)Intermezzo 3La vedetta del porto (Otello)Continua qui trarro (Iago, Otello)Dio ti giocondi o sposo (Otello, Desdemona)Esterrefatta fisso (Desdemona)S'or ti scorge il tuo demone (Desdemona, Otello)Dio mi potevi scagliar tutti i mali (Otello)Ma o pianto o duol (Otello)Ah! Dannazione (Otello)Cassio e la (Otello, Iago)Vieni l'aula e deserta (Cassio, Otello, Iago)E intanto giacche non si stanca (Iago, Cassio, Otello)Questa e una ragna (Iago)Miracolo vago dell aspo (Cassio, Iago, Otello)Quest e il segnale (Cassio, Iago)Come la uccidero (Iago, Cassio)Viva il Leon di San MarcoIl doge ed il senato salutano (Desdemona, Lodovico, Otello)Messere son lieto di vedervi (Iago, Lodovico, Desdemona, Otello)Eccolo e lui (Otello)Messeri il Doge (Otello, Roderigo, Iago)A terra si nel livido fango (Desdemona)Quell innocente un fremito (Emilia, Cassio, Roderigo, Lodovico)Ed or l'angoscia (Desdemona, Emilia, Cassio, Roderigo, Lodovico)Una parola e che (Iago, Otello)Fuggite ciel (Desdemona, Iago, Otello)Fuggirmi io sol non so (Otello, Iago)Era piu calmo (Emilia, Desdemona)Mia madre aveva una povera ancella (Willow Song) (Desdemona)Piangea cantando (Desdemona)O salce salce (Desdemona)Ave Maria piena di grazia (Desdemona)Chi e la Otello (Desdemona, Otello)Diceste questa sera le vostre (Otello, Desdemona)Calma come la tomba (Desdemona, Otello, Emilia)Aprite aprite (Desdemona, Otello, Emilia)Quai grida orrore (Cassio, Iago, Lodovico)Niun mi tema (Otello)
Wikipedia
Otello est un opéra en quatre actes de Giuseppe Verdi, sur un livret d'Arrigo Boito d'après Othello ou le Maure de Venise de William Shakespeare et créé au Teatro alla Scala de Milan, le 5 février 1887.
Au XVI siècle, à Chypre, dans le port de Famagouste, le général Otello arrive avec son navire après avoir vaincu la marine turque en Méditerranée et assuré l'autorité vénitienne sur Chypre mais la jalousie, le complot et la vengeance mènent à la tragédie.
Il n'y a pas de prélude, l'opéra commence immédiatement Allegro agitato sur un rapide glissando de cordes menant à un formidable coup de tonnerre qui ébranle la salle. Le rideau s'ouvre à la troisième mesure sur un port de Chypre. Une violente tempête fait rage (éclairs et coups de tonnerre sont indiqués sur la partition) aussi bien sur scène que dans l'orchestre ! Un chœur attend avec impatience le retour d'Otello, général de la flotte vénitienne et gouverneur de l'île où il réside (Una vela ! Una vela !/Une voile ! Une voile!). En effet, la République de Venise dont il dépend l'a chargé de réprimer une attaque maritime des Turcs. Le chœur aperçoit un navire au loin sur la mer déchaînée : il s'agit du navire du chef qui se débat furieusement pour ne pas sombrer. Tout le chœur prie pour que la tempête se calme et que le navire accoste à bon port, sauf deux personnes : Iago, enseigne d'Otello et Roderigo, soupirant infortuné de Desdemona (Desdémone), femme d'Otello, qui souhaitent au contraire sa mort. Le navire donne sur le récif, mais finit miraculeusement sur la côte à la grande joie de la foule.
Otello apparaît, il a vaincu les Turcs et exprime son triomphe dans une brève mais puissante arietta (Esultate !/Réjouissez-vous !), la foule l'acclame tandis qu'il va rejoindre son épouse au palais. La foule se disperse un temps pendant qu'Iago et Roderigo devisent (Roderigo, ebben, che pensi?/Rodrigue, que, qu'en pensez-vous?) : si Iago souhaite tout le mal à Otello parce que ce dernier a nommé Cassio capitaine à sa place et ne lui a pas donné d'avancement, Roderigo, lui, veut se débarrasser du Maure pour posséder sa femme. Iago promet qu'il se vengera d'Otello pour servir leurs desseins. La foule revient (Fuoco di gioia !/Feu de joie !) pour allumer un feu de joie et les taverniers préparent une beuverie. Iago commence à organiser sa terrible intrigue : d'abord gâcher la fête (Roderigo, beviam' !/Rodrigue, nous buvons !) en faisant passer Cassio pour responsable. Ce dernier arrive et Iago, qui sait qu'il ne supporte pas le vin, l'encourage à boire plus que de raison (Qua ragazzi, del vino !/Ici les gars, du vin !). Cassio grisé, tombe dans le premier piège de l'enseigne qui chante une joyeuse chanson à boire que reprend le chœur. Lorsque le capitaine est maintenant tout à fait saoul, Roderigo, stimulé par Iago, provoque Cassio en le traitant d'ivrogne. Le sang bouillant de Cassio est plus fort que le rappel à l'ordre de Montano, prédécesseur d'Otello (Capitano, v'attende la fazione ai baluardi/Le capitaine, il attend la faction des remparts) et les deux hommes se battent en duel : Cassio blesse Montano et Iago fait tout dégénérer en défaveur du capitaine tout en feignant de remédier à la crise : résultat, l'émeute gagne la ville entière.
« Abbasso le spade/Vers le bas avec les épées » tonne Otello, qui, irrité par ce tapage, a dû sortir du palais (tout comme Desdemona que le vacarme a réveillée). Il demande, en colère, ce qui s'est passé. Iago, en parfait hypocrite, l'assure de son amitié, mais se garde bien de lui donner la moindre indication. Cependant, Montano n'a-t-il pas été blessé ? La machination de Iago marche à merveille : Otello, furieux, dégrade Cassio qu'il tient pour unique responsable. Contrit, l'ex-capitaine rentre chez lui tout comme la foule qui s'en va, l'enthousiasme douché par ces événements. Iago et Roderigo rient sous cape alors qu'Otello va rejoindre sa femme. Alors s'élève un des plus beaux duos d'amour jamais composés par Verdi (Già nella notte densa/Déjà dans la nuit dense) où les époux chantent leur bonheur et leur amour sans nuages et se souviennent de leurs passés respectifs, moins roses que leur présent. Leurs voix s'unissent, passionnées. Quand Otello donne trois baisers à Desdemona, le hautbois chante un thème tendre qui sera repris dans la scène finale. Le rideau tombe sur leur étreinte.
Le rideau s'ouvre sur les jardins du palais ; Iago a décidé de verser le poison de la jalousie dans le cœur d'Otello grâce au naïf Cassio qui apparaît, inconsolable. Iago, dans son dialogue avec lui (Non ti crucciar/Ne déranger pas) le flatte en le nommant toujours capitaine puis lui fait remarquer que Desdemona « est le chef de notre chef » car son époux ne vit que pour elle. Qu'il demande à la clémente Desdemona d'intercéder en sa faveur. Conseil perfide dont Cassio est bien loin de deviner quelle sera l'issue. Cassio s'en va l'attendre dans le jardin où elle se promène. Resté seul, Iago chante avec force une célèbre aria (Vanne ! La tua meta già vedo/Allez-y ! Votre objectif, je vois déjà) qui devient incroyablement cynique et féroce lorsqu'il entonne un Credo blasphématoire (Credo in un Dio crudel/Je crois en un Dieu cruel). Signalons en passant que Boito, le librettiste, suggéra à Verdi deux ans plus tard, de composer un Ave Maria qui lui tiendrait lieu de pénitence pour ce Credo sacrilège ! Et c'est ainsi que fut créée la première des Quattro pezzi sacri, ultime œuvre du compositeur. Desdemona arrive. Cassio, suivant l'avis de Iago (Eccola ! Cassio, a te !/C'est ici ! Cassio, à vous !), s'approche d'elle. En le voyant, elle renvoie Emilia, sa suivante, qui est aussi la femme de Iago pour qu'ils puissent parler seul à seule. Ils s'éloignent dans les jardins.
Otello arrive peu après. Parlant beaucoup mais dévoilant peu, Iago réussit par des allusions faussement innocentes à mettre l'influençable Otello dans un état d'agressivité et d'inquiétude aiguë (Ciò m'accora/Je n'aime pas ça). Lorsqu'il s'explique, il le fait en termes à dessein ambigus, il parle simplement de Cassio, de Desdemona qu'il « pense » (fausse hésitation, évidemment) avoir vus ensemble et donne conseil de faire attention aux propos qu'elle tiendra. Otello commence à fulminer mais à ce moment arrive Desdemona avec un petit chœur lui rendant hommage (Dove guardi splendono/Lorsque vous regardez des paillettes). Devant cette paisible scène, Otello se calme… provisoirement car lorsque Desdemona commence à lui parler de Cassio (D'un uom che geme/Un homme qui gémit), Otello a du mal à contenir son trouble. Bientôt, il éclate de colère lorsque son épouse, étonnée et inquiète de le voir dans cet état, veut lui essuyer son front avec un mouchoir brodé. Dans un accès de fureur, il jette le mouchoir. Emilia le ramasse mais Iago lui ordonne de le lui remettre ; elle refuse et il le lui prend de force avant de la menacer : elle ne doit rien dire de cette saynète. Révoltée, elle se soumet toutefois. Desdemona, ne comprenant rien au comportement de son mari s'éloigne rapidement.
Pour Otello, tout est clair : Desdemona est coupable. Iago, faussement affecté, tente de le tempérer en vain (Desdemona rea/Desdemona faux !...). Malgré son emportement, Otello exige de Iago, s'il ne veut pas connaître sa colère, de lui fournir une preuve tangible de l'infidélité de Desdemona. Faisant encore monter la tension, Iago invente un récit : Cassio, endormi, aurait fait un songe où parlant à voix haute il aurait évoqué le nom de Desdemona et son amour (Era la notte, Cassio dormia/C'était la nuit, Cassio dormait) ; peut-être y a-t-il eu une aventure entre les deux jeunes gens mais il n'en est pas sûr. Iago a beau parler en termes prudents, il sait très bien que cette fable a valeur de certitude pour son interlocuteur. Pire, il prétend se souvenir d'avoir vu un mouchoir brodé appartenant à Desdemona (premier présent d'amour offert par Otello, ce qui accentue la dramatisation de la scène) dans la chambre de Cassio. C'en est trop pour Otello qui, furieux, jure de se venger (Ah ! mille vite gli donasse Iddio !/Ah ! Combien de vie Dieu lui donnerait-il?). Iago l'assure de son amitié et le rideau tombe sur cette désagréable situation.
Brève introduction. Le rideau s'ouvre sur la salle principale du palais. Otello est loin d'être plus calme et écoute à peine le héraut qui lui annonce l'arrivée d'une délégation d'ambassadeurs vénitiens (Le vedetta del porto ha segnalato/La vue des ports a fait des signes), il est surtout concentré sur son problème conjugal. Iago lui dit qu'il va lui apporter la preuve définitive de l'inconstance de Desdemona. Justement, elle entre et Iago s'éclipse. Otello lui parle sans excès mais lorsqu'elle parle à nouveau de Cassio (Dio ti giocondi, o sposo/Dieu rend content, ou l'époux), il s'emporte et demande le mouchoir brodé de Desdemona. Elle ne l'a évidemment pas et la fureur d'Otello revient ; il n'hésite pas à l'accuser. Elle proteste de son innocence, lui dit que son seul crime est de l'aimer et pensant que le mouchoir n'est qu'un prétexte, elle dit avec un sourire que c'est pour dévier la conversation et tente de reparler de Cassio ce qui ne fait qu'accroître la rage d'Otello qui lui hurle son accusation d'adultère. La jeune femme perd pied et s'enfuit épouvantée, ne comprenant pas ce qui arrive à son mari. Dans un monologue amer (Dio ! mi potevi scagliar tutti i mali/Dieu ! Je pourrais jeter tous les maux), il se révolte contre une telle trahison : il préfère misère et déshonneur plutôt que d'être trompé.
Il se cache quand Cassio arrive qui veut savoir s'il a été pardonné (Vieni; l'aula è deserta/Venez; la classe est abandonnée). Iago prétend ne rien savoir et détourne la conversation sur une maîtresse de Cassio, Bianca, mais Iago mène le jeu de façon qu'Otello croie qu'ils parlent de Desdemona. Le dialogue provoque la colère d'Otello qui atteint son paroxysme lorsque Cassio brandit le mouchoir brodé qu'il a trouvé dans sa chambre (Questa è una ragna/C'est une araignée). s'il n'est pas difficile de deviner qui l'a mis là, c'est moins facile pour Cassio. Iago, sur le ton de la plaisanterie insinue que Desdemona l'y aurait mis. Otello, furibond, ne remarque même pas que Cassio ignore comment cet objet de femme est arrivé là.
Cassio part. « Come la ucciderò ?/Comment la tuerai-je? » se demande Otello pour qui la « preuve » est décisive. Iago lui suggère qu'elle meure où elle a péché : sur le lit nuptial. Otello nomme Iago capitaine alors qu'au dehors, la foule, au passage de la délégation vénitienne, acclame son chef. « Viva ! Evviva ! Viva il leon' di San Marco !/Viva ! Hourra ! Vivre le lion de Saint Marc ! » s'exclame le peuple, entrant avec la délégation menée par Lodovico qui s'étonne de l'absence de Cassio. À contre-cœur, pendant que Desdmona entre, le Leon di San Marco l'envoie chercher et il arrive. Otello lit le message du Doge qui le rappelle à Venise et nomme comme successeur… Cassio! Otello interprète la tristesse de Desdemona et de Cassio comme le fait de leur prochaine séparation. Cette interprétation et la faveur faite à son « rival » est la goutte qui fait déborder le vase. Otello entre dans une rage incontrôlable et jette sa femme à terre (A terra ! Sì, nel livido fango/À terre ! Oui, dans la boue furieuse) sous les sons d'un orchestre déchaîné et devant une foule et un Lodovico consternés. Desdemona, effondrée, entame sa complainte mais nulle haine dans ses paroles, elle aime toujours son époux malgré la honte qu'il lui fait subir. Ce chant émouvant d'une superbe beauté fait frémir l'assistance. Roderigo et Iago comprennent immédiatement qu'il va falloir agir vite car le couple doit partir le lendemain ! Sur une proposition de Iago, Roderigo accepte de s'occuper de Cassio. Perdant tout sang-froid (Fuggite ! Ciel ! Tutti fuggite Otello/Fuyez ! Ciel ! Tous fuyez Othello) Otello, à grands cris congédie violemment l'assistance et maudit Desdemona qui quitte la salle, anéantie. Sa fureur est si forte qu'il s'évanouit de rage. Le reste de la foule, dehors, continue d'acclamer « il Leon di San Marco ». Iago, avec un écrasant mépris, répond ironiquement en lui-même à leurs accents : « Ecco il Leon » en désignant le Maure évanoui à même le sol. Lui-même se demande pourquoi il n'écrase pas sous son pied la tête du gouverneur. Le rideau tombe sur la jubilation féroce du nouveau capitaine.
Grave introduction orchestrale. Le rideau s'ouvre sur la chambre d'Otello et de Desdemona (Desdémone). Emilia et sa maîtresse sont dans la chambre. Desdemona a des pensées sombres (Era più calmo?/Était-il plus calme?), son mari lui fait peur et lui a ordonné de l'attendre dans leur chambre. Emilia, en sortant la robe nuptiale, entend sa maîtresse lui dire que si elle mourait, qu'elle soit enterrée dans l'un des voiles de la robe. Ces pressentiments morbides ne mettent guère à l'aise la suivante qui tente de la rassurer sans succès. Desdemona, habitée par le souvenir d'une servante séduite puis abandonnée se souvient d'une chanson que cette malheureuse chantait : il s'agit de la fameuse Romance du saule (Piangea cantando nell'erma landa/Elle a pleuré, en chantant sur la lande solitaire ), immédiatement suivie d'un autre air célèbre écrit sur le texte de l’Ave Maria, qu'elle chante à son tour, en écho à sa triste situation amoureuse. Desdemona demande à sa suivante de sortir puis, ayant le sentiment qu'elle la voit pour la dernière fois, lui fait des adieux presque implorants. Pour se calmer, elle fait une prière à la Sainte Vierge, lui demandant la protection de l'opprimé contre le puissant, lui aussi malheureux, ce qui n'est évidemment pas anodin ! Cette superbe prière (Ave Maria, piena di grazia/Je vous salue, Marie, pleine de grâce) est entrée au répertoire des sopranos confirmées. Puis, sans ajouter un mot, elle se couche.
Les contrebasses, seules, dans un pianissimo menaçant introduisent un bref interlude : Otello entre et voit sa femme endormie, plus belle que jamais. Il reste muet, la contemplant de tous ses yeux ; il réprime un mouvement de fureur puis s'approche du lit et l'embrasse, ce qui l'éveille. « Chi è là ?/Qui se trouve présent ? » demande-t-elle avant de le reconnaître. Otello la regarde et sans préliminaires réitère son accusation d'adultère. De nouveau, elle proteste mais reste terrifiée quand Otello parle de la tuer. Qu'elle sauve au moins son âme en confessant l'ignoble faute dont elle s'est rendue coupable! Elle nie et demande qu'on amène Cassio pour qu'elle et lui soient disculpés. Lorsque Otello lui apprend sa mort (en réalité imaginaire), elle s'effondre : elle sait qu'elle ne peut plus le convaincre. « Pianger l'osi?/Pleurez le fait d'oser ? » s'exclame Otello qui se jette sur elle. Desdemona a beau le supplier, il l'étrangle sur le lit dans un terrifiant crescendo de cordes. Elle pousse un cri d'agonie déchirant étouffé par l'effroyable vacarme de l'orchestre qui joue tutta forza, mais l'orage se calme peu à peu.
Otello contemple le corps de son épouse (Calma come la tomba/Calme comme le tombeau). Soudain, on frappe à la porte, c'est Emilia. Elle révèle que Cassio a tué Roderigo qui l'avait provoqué en duel et remarque avec terreur la forme blanche, étendue sur le lit, qui a encore la force de souffler quelques mots. Dans un dernier acte d'amour, Desdemona, faiblement, disculpe son mari et prétend s'être suicidée puis meurt. Otello, fou de rage dit qu'il l'a tuée. Les cris d'Emilia font accourir Cassio, Iago, Lodovico et Montano. Iago tente de faire taire sa femme mais elle révèle l'épisode du mouchoir. Quant à Montano, il a reçu de Roderigo mourant l'aveu du complot de Iago. Acculé, Iago s'enfuit quand Otello lui ordonne de se disculper.
Scène finale : Otello s'aperçoit de l'erreur fatale qu'il a commise en faisant confiance à Iago et le terrible dénouement qui s'est ensuivi (Niun mi tema/Je cours, vous me craignez). Lodovico lui ordonne de lui remettre son épée, ce qu'il fait avant de se pencher sur Desdemona et de se lamenter sur sa mort puis, sortant un poignard de sa ceinture, il se suicide. « Orror!/Quelle horreur! » s'exclament les personnages restants. Mais la mort ne vient pas tout de suite : Otello, chantant de plus en plus difficilement, s'approche de Desdemona et tandis que le hautbois reprend le thème du baiser de l'acte I, l'embrasse encore une fois (un bacio… un bacio ancora… Ah!… un altro bacio/Un baiser ... un baiser toujours... Ah! ... un autre baiser) puis meurt à son tour. La tension accumulée depuis le coup de tonnerre du premier acte se relâche peu à peu dans les derniers coups pianississimo (ppp) de trombone qui achèvent l'opéra. Le rideau tombe lentement.
L'œuvre est analysée dans La Revue musicale, à l'article La Musique italienne et l’Othello de Verdi.
3 flûtes (piccolo) ; 2 hautbois ; 1 cor anglais ; 2 clarinettes en do ; 1 clarinette basse ; 4 bassons ; 4 cors ; 2 cornets ; 2 trompettes ; 4 trombones (tromb. basse) ; timbales ; percussions ; orgue ; 2 harpes ; mandoline ; cithare ; cordes.
La vidéographie dOtello débute avec quelques témoignages de la télé en noir et blanc des années 1950 : en Allemagne en 1955 en langue allemande, puis Mario Del Monaco à Milan et à Tokyo.
En 1974, Herbert Von Karajan filme en studio sa mise en scène en même temps qu'il grave sa version sur disque.
Les multiples représentations et distributions filmées sur scène à partir des années 1970 ressortent désormais en DVD, notamment chez Deutsche Grammophon les productions du Metropolitan Opera dirigées par James Levine, d'abord avec Jon Vickers puis à partir de 1975 avec Placido Domingo. Pendant 25 ans, Placido Domingo va incarner le rôle sur toutes les scènes avec les plus grandes sopranos et les plus grands chefs.
Depuis les années 2000, les productions se succèdent rapidement, dirigées par des chefs de premier plan, avec une nouvelle génération d'interprètes venant des États-Unis, d'Espagne, de Russie et des ex-pays de l'Est, dans des mises en scène modernisées, comme celle de Willy Decker à Genève en 2004.