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Aria: Tu sais, Ô Palémon

Compositeur: Massenet Jules

Opéra: Thaïs

Rôle: Athanaël (Baryton)

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Demeure auprès de moi;
il faut que je confesse le trouble
De mon âme à  ton âme sereine.

Tu sais, Ô Palémon, que j'ai reconquis
L'âme de celle qui fut l'impure Thaïs;
Une orgueilleuse joie a suivi ce triomphe
Et je suis revenu vers ce désert de paix!
Et bien, en moi la paix est morte!
En vain j'ai flagellé ma chair,
En vain je l'ai meurtrie!
Un démon me possède!
La beauté de la femme hante mes visions!
Je ne vois que Thaïs, Thaïs! Thaïs!
Ou mieux, ce n'est pas elle,
C'est Hélène et Phryné c'est Vénus Astarté,
Toutes les splendeurs et toutes les voluptés
En une seule créature!
Je ne voix que Thaïs! Thaïs! Thaïs!
Hélas, enfant encore. Athanaël. Thaïs. MassenetVoilá donc la terrible cité. Athanaël. Thaïs. MassenetO toi qui nous viens des Enfers. Des Grieux. Le Portrait de Manon. MassenetPromesse de mon avenir. Scindia. Le Roi de Lahore. MassenetNe bronchez pas. Lescaut. Manon. MassenetToi qui mis la pitié. Athanaël. Thaïs. MassenetSalomé! Salomé! Ah! reviens!. Hérodiade. MassenetQuelle priere de reconnaissance. Albert. Werther. MassenetDu côté de la barbe. Pandolfe. Cendrillon. MassenetA quoi bon l'economie. Lescaut. Manon. Massenet
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Thaïs est un opéra en trois actes de Jules Massenet, livret de Louis Gallet, d'après le roman éponyme d'Anatole France.
Il a été créé à l'Opéra de Paris le 16 mars 1894 et donné pour la première fois en province au Grand Théâtre de Reims en janvier 1895.
L'action se déroule à Alexandrie au IV siècle.
Un moine cénobite, Athanaël, cherche à convertir au christianisme Thaïs, courtisane célèbre et prêtresse païenne vouée à la déesse Vénus. Il y réussit, mais Thaïs choisit alors de se retirer du monde et de vivre cloîtrée dans un couvent, avant d'y mourir. Athanaël découvre trop tard que son obsession pour Thaïs était teintée d'amour charnel, et, alors que Thaïs meurt dans la joie de la rédemption, il renie sa foi en désespérant de son propre salut, à l'inverse de Thaïs.
L'œuvre fut écrite pour la célèbre soprano américaine Sibyl Sanderson, muse de Massenet à l'époque.
Très typique de son temps, l'œuvre, qui baigne dans un climat de volupté et de religiosité sulpicienne que Massenet excelle à traduire, n'en recèle pas moins une force certaine.
Louis Gallet, le librettiste, n'a pas retenu l'aspect sceptique, ironique et discrètement anticlérical du roman d'Anatole France. En revanche, il a organisé le drame de manière particulièrement rigoureuse et efficace.
Athanaël, l'ascète rigoriste révèle, peu à peu, un aspect de sa personnalité ignoré de lui-même : celui d'un séducteur perdu de sensualité, tandis que Thaïs la courtisane qui « connaît toutes les ivresses » réalise ses aspirations les plus profondes en renonçant au monde. « Le texte […] et la musique […] développent une progression psychologique très fine : celle du moine zélé et intransigeant découvrant l’amour terrestre, et en parallèle, celle d’une prêtresse de Vénus en pleine gloire amoureuse qui prend conscience que sa beauté n’est pas éternelle et qui rejette tout pour s'abandonner à l'amour divin ».
Le croisement entre ces deux parcours personnels est marqué, au milieu de l'opéra, par la très célèbre Méditation religieuse de l'acte II, confiée au violon solo, aujourd'hui connue sous le nom de « Méditation de Thaïs », et souvent jouée en concert. Inspiré par ces deux puissants caractères, Massenet a su en faire des êtres de musique et de chair, et chacune de leurs confrontations marque un temps fort de l'ouvrage.
Fréquemment jouée en concert, la Méditation de Thaïs (en) fut choisie pour accompagner les obsèques de Jean d'Ormesson et celles de Johnny Hallyday, morts le même jour, jouée au violon par Renaud Capuçon pour le premier et, dans une adaptation pour violoncelle, par Gautier Capuçon pour le second.
Danielle Streiff